Charlotte Engheben

Thérapeute et formatrice | Hypnose, psychogénéalogie, blocages émotionnels

LA PSYCHOGENEALOGIE

est-ce qu'on hérite vraiment des traumatismes de ses parents ?

Tu n'as pas vécu ce qu'ils ont vécu. Et pourtant tu le portes.

Une anxiété qui ne ressemble à rien de ce que tu as traversé. Une peur de manquer alors que tu n'as jamais manqué de rien. Une tristesse sourde sans raison apparente. Des schémas qui se répètent dans ta famille depuis des générations sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi.

La psychogénéalogie explore ça. Ce qui se transmet sans se dire. Ce qui se répète sans se choisir. Ce qui appartient peut-être à d'autres mais qui vit en toi.

C'EST QUOI LA PSYCHOGENEALOGIE ?

La psychogénéalogie c'est une approche thérapeutique qui explore les liens entre l'histoire familiale et les difficultés psychologiques, émotionnelles et comportementales d'un individu.

L'idée centrale : on n'arrive pas dans sa vie par hasard. On arrive dans une famille, avec une histoire, des traumatismes, des secrets, des deuils non faits — et tout ça laisse des traces.

Des traces qui se transmettent d'une génération à l'autre, souvent sans qu'on le sache.

QUI A CREE LA PSYCHOGENEALOGIE ?

La psychogénéalogie a été développée par Anne Ancelin Schützenberger, psychologue et psychothérapeute française, à partir des années 70.

Dans son ouvrage "Aïe mes aïeux" elle documente des centaines de cas de répétitions transgénérationnelles — accidents, maladies, deuils, événements marquants qui se reproduisent à des dates ou des âges similaires dans une même lignée familiale.

Ses travaux ont ouvert une brèche dans la compréhension de la transmission psychique — et ont été prolongés par de nombreux thérapeutes et chercheurs depuis.

CE N'EST PAS DE L'ESOTERISME

La psychogénéalogie s'appuie sur des observations cliniques, des données biographiques, des recoupements entre histoires familiales et symptômes actuels. Ce n'est pas une croyance — c'est une méthode d'exploration.

Elle rejoint d'ailleurs les découvertes récentes de l'épigénétique qui montrent que les traumatismes peuvent modifier l'expression des gènes et se transmettre biologiquement sur plusieurs générations.

COMMENT LES TRAUMATISMES SE TRANSMETTENT-ILS ?

PAR LES COMPORTEMENTS ET LES MODELES

La transmission la plus évidente se fait par imitation. On reproduit ce qu'on a vu — la façon de gérer les conflits, d'exprimer ou de taire les émotions, de se rapporter à l'argent, à l'amour, à l'autorité.

Un enfant qui grandit dans une famille où on ne parle pas de ce qui fait mal va apprendre à taire ce qui fait mal.

Et transmettre ce silence à ses propres enfants.

PAR LES SILENCES ET LES SECRETS DE FAMILLE

Ce qui ne se dit pas pèse parfois plus lourd que ce qui se dit. Les secrets de famille — un enfant abandonné, une faillite cachée, un suicide tu, une trahison enfouie — créent des zones d'ombre dans la lignée.

Et ces zones d'ombre ont une façon étrange de se manifester chez les descendants — sous forme de symptômes inexpliqués, de comportements incompréhensibles, de souffrances sans origine apparente.

PAR LES LOYAUTES INCONSCIENTES

On reste fidèle à sa famille même quand cette fidélité nous coûte cher. Inconsciemment on peut reproduire les échecs, les souffrances, les limitations de ses parents — non par masochisme mais par loyauté. Pour ne pas les trahir. Pour rester relié à eux.

C'est ce qu'explore en profondeur le travail sur les loyautés familiales invisibles.

PAR L'EPIGENETIQUE

Les recherches en épigénétique montrent que les expériences traumatiques peuvent modifier l'expression de certains gènes — et que ces modifications peuvent se transmettre aux générations suivantes.

Des études menées sur des descendants de survivants de la Shoah ou de famines ont montré des marqueurs biologiques communs liés au stress et au trauma.

Le corps garde une mémoire que l'histoire familiale n'a pas transmise en mots.

LE SYNDROME D'ANNIVERSAIRE

C'est l'une des découvertes les plus troublantes de la psychogénéalogie.

Des événements significatifs — accidents, maladies, ruptures, décès, effondrements — se produisent à des âges ou des dates qui font écho à des traumatismes familiaux.

Un fils qui fait un infarctus à l'âge exact où son père est mort. Une femme qui perd son travail l'année de ses 40 ans — l'âge où sa mère a été abandonnée.

Les coïncidences isolées peuvent être ignorées. Les coïncidences répétées sur plusieurs générations méritent d'être regardées autrement.

COMMENT SE FAIT

UN TRAVAIL EN

PSYCHOGENEALOGIE

L'EXPLORATION DE L'ARBRE GENEALOGIQUE

On commence par cartographier la famille — pas juste les noms et les dates mais les événements marquants, les ruptures, les silences, les répétitions. Ce travail s'appelle un génogramme.

Ce n'est pas toujours facile. Les familles ont souvent des zones floues, des zones interdites, des zones que personne ne veut regarder.

C'est précisément là que se cachent les informations les plus précieuses.

L'IDENTIFICATION DES PATTERNS TRANSGENERATIONNELS

Une fois la carte posée on cherche les répétitions. Les mêmes types d'événements qui reviennent. Les mêmes âges. Les mêmes dates. Les mêmes souffrances qui traversent les générations sous des formes différentes.

Cette étape produit souvent des prises de conscience puissantes — des "ah voilà pourquoi" qui changent le regard sur soi-même et sur sa famille.

LA SYMBOLISATION ET LA LIBERATION

Comprendre ne suffit pas. Il faut aussi libérer — symboliquement, émotionnellement, corporellement.

Le travail thérapeutique permet de faire la distinction entre ce qui appartient à soi et ce qui appartient aux ancêtres.

De rendre symboliquement ce qui n't pas à soi. De couper les fils invisibles qui maintiennent dans des répétitions héritées.

L'hypnose est particulièrement puissante dans cette étape — elle permet d'aller faire ce travail directement dans l'inconscient, là où les loyautés et les transmissions sont stockées.

Est-ce qu'on a besoin de connaître toute l'histoire de sa famille pour faire ce travail ?

Non. Même avec des informations parcellaires le travail est possible. L'inconscient et le corps gardent des traces que les archives familiales n'ont pas. Et parfois c'est précisément ce qu'on ne sait pas — les zones blanches — qui sont les plus parlantes.

La psychogénéalogie c'est la même chose que la thérapie familiale ?

Non. La thérapie familiale travaille sur les dynamiques actuelles entre membres vivants d'une famille. La psychogénéalogie remonte plus loin — aux générations précédentes, aux transmissions invisibles, aux héritages inconscients.

Est-ce qu'on peut se libérer de quelque chose qu'on a hérité sans le choisir ?

Oui. Et c'est tout l'enjeu de ce travail. On n'a pas choisi ce qu'on a reçu. Mais on peut choisir ce qu'on transmet. Se libérer d'un héritage douloureux c'est aussi le plus beau cadeau qu'on puisse faire à ses propres enfants.

On ne choisit pas sa famille. On ne choisit pas ce qu'elle nous transmet.

Mais on peut choisir de regarder en face ce qui a été transmis — et de décider consciemment ce qui mérite d'être gardé et ce qui peut enfin être posé.

C'est ça la psychogénéalogie. Pas une théorie abstraite. Un travail concret, profond, souvent bouleversant — qui change durablement le rapport à soi, à sa famille et à sa propre histoire.

Tu peux aussi explorer le lien entre psychogénéalogie et loyautés familiales invisibles, ou comprendre comment les schémas répétitifs s'alimentent de cet héritage transgénérationnel.

Si tu veux en savoir plus sur les thématiques que je travaille, tu peux explorer les articles sur l'enfant intérieur, les schémas répétitifs, les loyautés familiales invisibles

Charlotte Engheben


Thérapeute & enseignante holistique

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